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Les données, jugées stratégiques pour la compétitivité des céréales

L’entreprise Javelot a organisé une table ronde autour de la data agricole au Salon de l’agriculture le 25 février 2026. Animée par Emilie Broyon, directrice RSE de Javelot, elle réunissait (de gauche à droite) : Félix Bonduelle, directeur général de Javolot, Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et directeur impact chez Sweep, Guillaume Nanot, directeur de la transformation et du digital chez Soufflet Agriculture, et Yves Piquet, directeur de Bayer CropScience France et Benelux.

Livraison, allotement, stockage… La compétitivité de la filière céréalière française se joue aussi du côté de la logistique. Et la question du partage des données est centrale, ont estimé plusieurs acteurs lors d’une table ronde au Salon de l’agriculture : il serait possible d’économiser « plusieurs euros par tonne ».

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« On ne le dit pas suffisamment, mais la compétitivité de la filière céréalière en France repose notamment sur deux choses : le prix du foncier, très peu cher par rapport à l’international, et la qualité de la logistique », indique Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et directeur de l'impact chez Sweep, le 25 février 2026 au Salon de l’agriculture. Il intervenait lors d’une table ronde organisée par Javelot, entreprise spécialisée dans la digitalisation de l’après-récolte, autour de la question de la chaîne logistique céréalière.

Un potentiel de « plusieurs euros par tonne »

Une part importante du prix des céréales est liée à la logistique. Et sur ce point, la data permettrait de l’optimiser et de grappiller « plusieurs euros par tonne », estime Félix Bonduelle, directeur général de Javelot. L’idée est de limiter les flux entre les silos de collecte, de stockage et d’expédition, car « chaque mouvement logistique représente environ 5 €/t », chiffre-t-il. Cela pourrait participer à compenser les surcoûts liés à la nécessaire modernisation des infrastructures des organismes stockeurs, estimés en moyenne à 4 €/t

Pour « faire moins de kilomètres » et « amener le produit au bon endroit », un des enjeux est d’intégrer les agriculteurs dans la digitalisation, en particulier avant les livraisons. « Le jour où un agriculteur sera capable de nous dire : “Demain, je lance tel chantier avec telle variété, je pense que je vais arriver à tel tonnage à tel endroit avec tel niveau de qualité”, on gagnera tous de l’argent », décrypte Guillaume Nanot, directeur de la transformation et du digital chez Soufflet Agriculture. « Plus on a la donnée tôt, plus on est capable d’anticiper la collecte », y compris pour le stockage à la ferme : c’est un point « vraiment clé », appuie-t-il.

Et de préciser : « On découvre encore trop souvent, en période de moisson, des bennes qui n’étaient pas attendues. C’est cela qui nous désoptimise, surtout sur des filières “de niche”. »

Une prise de conscience qui s’est accélérée avec la guerre en Ukraine

Prendre en compte la data « n’est qu’une question de temps », juge Julien Denormandie : le mouvement est en marche. Mais Félix Bonduelle juge qu’« il faut aller vite, car les acteurs qui nous entourent savent aller vite ».

C’est « assez nouveau », mais Julien Denormandie l’assure : « On sait aujourd’hui qu’on peut gagner beaucoup de valeur et de compétitivité en appréhendant la chaîne logistique. » La prise de conscience sur ce sujet s’est accélérée récemment, depuis le début de la guerre en Ukraine selon lui : le secteur s’est rendu compte de sa dépendance à une chaîne logistique compétitive.

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